Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
CaporalValgus.over-blog.com
Articles récents

opération chapitre cinq, un nouvel ELAN

20 Juin 2018 , Rédigé par Caporal Valgus

Je n'ai pas écrit depuis longtemps, il s'est passé pas mal de choses depuis mon dernier billet, en voici un résumé:

Premièrement, je me suis enfin faite opérée fin avril, j'ai échappé à la greffe mais mon chirurgien a dû remplacer mon matériel qui était cassé à l'inérieur de ma jambe donc. Voilà pourquoi j'avais autant mal depuis des mois. Mystère résolu, affaire classée ou presque.

Deuxièmement, ça a bougé niveau administratif: je suis allée à la MDPH (Maison départementale des Personnes Handicapées), tout ça pour me dire qu'en effet, je suis en situation de handicap (sans blague!) et que la commission va statuer sur mon sort: il va falloir que je les rappelle dès que je pourrai à nouveau conduire pour voir les possibilités de réorientation professionnelle. Je suis également allée à la médecine du travail, qui vont enfin me déclarer inapte: je vais pouvoir enfin envisager un avenir professionnel concret, au bout de seulement 3 ans: c'est du rapide! [ironie]

Troisièmement j'ai cru dévellopper un ulcère quand j'ai appris la diminution de l'accessibilité des logements pour les personnes en situations de handicap. Je ne dévellopperai pas ici les détails de la loi ELAN, mais je voulais juste faire écho des diverses réactions plus ou moins teintées d'indécence entendues dans les médias de la part d'élus et j'aimerai faire un point sur les situations qu'entrainent un handicap moteur:

Lorsque j'ai eu mon accident, tout d'abord je ne m'attendais pas à rester aussi longtemps en hôpital: j'y suis restée 2 mois et demi environ en hospitalisation complète, et 9 mois en externe.

Pour pouvoir faire ces soins en externe, il a bien fallu que je rentre chez moi. Problème: notre logement de l'époque comportait deux étages sans ascenseur, et mes bras ne sont pas assez musclés pour me hisser avec une corde avec mon fauteuil jusqu'à la fenêtre (c'est de ma faute aussi, j'aurai pas dû sécher l'EPS). Il a donc fallu déménager.

Nous avions fait une demande de logement adapté, sans avoir aucune idée du temps que ça pourrai mettre. Par chance, nous avons pu louer une maison de plein-pied au bout d'un peu plus d'un mois après mon accident, mais de plein-pied ne veut pas dire accessible: en effet, les toilettes et la salle de bain ne permettent pas d'accueillr un fauteuil roulant. Alors comment avons-nous fait?

Déjà, notre lit était dans le salon car la chambre non plus ne pouvait pas accueillir un fauteuil, ou alors au prix de manoeuvres expertes (ça m'a sans doute aidé pour mon permis de conduire d'ailleurs!). Mais pour les toilettes et la douche?

C'est à ce genre de "détails" triviaux que la solidité d'un couple se vérifie: faute d'accès aux commodités, j'utilisais bassin de lit que ma chère et tendre allait vider dans les toilettes. Pour la douche: à l'ancienne! Bassin, gant de toilette, tout ça sur notre lit. Et nous avons vérifié: pas de personnel de maison à disposition planqué derrière les rideaux pour s'acquitter de cette tâche!

Nous nous estimions encore chanceuses d'avoir ce logement, car ce n'est qu'au bout d'un an que nous avons reçu une réponse à notre demande de logement adapté, que nous avons décliné car je n'étais plus en fauteuil roulant.

Mais alors me direz-vous, qu'en est-il des personnes qui n'ont pas la chance d'avoir un logement adapté ou semi-adapté rapidement? Et bien ces personnes restent à l'hôpital, ou dans des maisons de repos, parfois loin de leur famille, isolées. Super non?

Donc aux personnes qui estiment que cette loi sur l'adaptation des logements était inutile et que les logements neufs seront adaptables ultérieurement, je leur dirai que personne n'est à l'abri de se retrouver un jour confronté au handicap et de devoir vivre avec, et que ce n'est pas une option modulable dans la vie quotidienne.

 

Lire la suite

L'attente, chapitre II

5 Mars 2018 , Rédigé par Caporal Valgus

Après une visite bien inutile au cabinet de mon chirurgien (j'allais écrire "chez" mon chirurgien, si je continue à le voir assez souvent je vais peut-être finir par être invtée à prendre le thé chez lui qui sait!), je suis dans l'attente de savoir si oui ou non je vais devoir me faire ré-opérer ou si l'option des infiltrations sous la rotule et les scéances de kiné s'offrent à moi.

En attendant la réponse je ne peux pas faire de démarches auprès de la MDPH, ce qui m'embête un peu car il ne me reste que 4 mois avant de trouver un plan de retour à l'emploi, sachant que je ne tiendrai pas à mon ancien poste debout toute une journée et qu'avec un niveau bac L ça double mon handicap (certains profs appelaient ce bac le bac "déchet", de ceux qui n'avaient pas réussi à aller en S ou Eco. Nous avions assez d'humour à l'époque pour reprendre cette insulte et nous la réappropier, petit clin d'oeil à mes camarades Déchets!)

Je me suis résolue à aller voir une assistante sociale, perdue que je suis dans ce bourbier administratif, en espérant avoir des pistes pour m'en sortir vraiment, car ça va bientôt faire 3 ans que j'ai l'impression d'être un réel fardeau pour la société (ah la valeur travail!).

Je ne suis pas inactive pour autant, je vous vois venir, à m'imaginer vautrée dans mon canapé devant mon PC ou la TV, que nenni (enfin pas toujours)! j'ai facilement tendance à oublier ce que j'ai pu créer en à peine 3 ans, mais voici un lien sur mon site qui donnera un aperçu de mes créations. http://typhbleiz.wixsite.com/typh-oon

L'attente de résultats ou d'un avis tranché sur ma situation devient de plus en plus pénible et angoissante, en attendant j'évacue cette problématique en créant un maximum de bijoux, sans savoir où les vendre, pour quel public, à quel prix et si les gens vont réellement les aimer et si tout ça en vaut vraiment la peine.

L'attente peut parfois réserver des surprises, comme la fois ou j'attendais mon tour à la caisse d'un supermarché avec un article et que non pas une, ni deux, mais TROIS personnes m'ont laissées passer devant elles! J'ai falli faire une syncope tellement je n'en revenais pas! D'habitude, même avec mes béquilles bleues, mon manteau rouge, mon chapeau, mes cheveux platines et mes gros bijoux, les gens font semblant de ne pas me voir (c'est aussi valable en fauteuil roulant, toutes jambes tendues) ou me disent après coup qu'ils ne m'avaient pas vu. Manifestement même les handicaps les plus visibles peuvent être invisibles aux yeux de certains. 

Mon chirurgien doit me rappeler une fois qu'il aura reçu les résultats de ma scintigraphie et qu'il sera rentré de vacances. Comme d'habitude, suspens insoutenable, la suite au prochain épisode.

Lire la suite

Comme vous en fait!

23 Février 2018 , Rédigé par Caporal Valgus

Hier nous sommes allées au théââââtre. Une fois n'est pas coutume, nous sortons de notre périmètre habituel pour aller voir un spectacle que nous prévoyions de voir depuis longtemps: Les Chatouilles ou la danse de la colère" d'Andréa Bescond.

Je ne mettrai pas de liens, car il y a beaucoup d'extraits du spectacles de disponibles, et que nous nous sommes rendues compte que nous en avions déjà vu beaucoup, une fois le spectacle terminé.

Le spectacle traite d'un sujet sensible: la pédophilie, et le sujet est ici traité avec finesse: Andréa Bescond est une danseuse, une actrice, elle change de personnages en un clin d'oeil, elle s'interprète à différents stades de sa vie, elle interprète sa mère, son psy, ses collègues, son violeur, le commissaire...en dépit du sujet, on rit beaucoup à ce spectacle, on arrive à rire malgré ce qui se passe sur scène, malgré ce qui s'est passé.

En arrivant dans la salle, une personne a vérifié nos billets à la main car: "la machine ne marche pas très bien...comme vous en fait!" Elle me lance ça naturellement, me regardant avec mes béquilles,

en souriant.

La vie est pleine de paradoxe, on est souvent tiraillé entre l'envie de rire et de casser la gueule à quelqu'un, on se retrouve dans des situations qui vu de l'extérieur, mise en scène dans un film ou sur une scène, pourrait provoquer d'autres émotions aux yeux extérieurs. 

Ce soir je me suis reconnue en Odette. Nous avons eu sensiblement le même parcours, les mêmes échappatoires, l'art comme une bouée, pas forcément bien gonflée, mais une bouée quand même, et des vagues immenses à affronter. Sans doute comme beaucoup d'entres nous, en fait.

 

Lire la suite

Trombinoscope

9 Février 2018 , Rédigé par Caporal Valgus

Hier, en voulant me connecter sur mon compte du célèbre réseau social que je nommerai ici "Trombinoscope" (c'est mon côté vintage), un message s'est affiché stipulant que mon profil avait été dénoncé car j'utilise un pseudonyme. Est-ce automatique de la part de ce réseau? Quelqu'un a-t-il pu être assez malveillant et stupide au point de me dénoncer? Est-ce parce que dernièrement je suis plus active que d'accoutumée?

C'est donc la mort dans l'âme que je me suis résignée à m'identifier sous mon identité civile. Ce n'est pas grâve me direz-vous, mais pour moi cela a des répercussions.

Tout d'abord, le pseudonyme sous lequel j'officiais (Caporal Typhoon) me permettait d'échapper à celle que je suis IRL. Mon titre de Caporal, bien que n'étant pas spécialement militariste, me conférait un statut de battante face à ce que je peux vivre au quotidien (il suffit de lire le reste de mon blog pour en avoir une idée). Cela me permettait de faire ressortir le meilleur de moi, et j'ai maintenant l'impressions de m'être fait voler cette part de moi qui était vivante sur ce réseau.

Mon nom d'usage, mon état civil me renvoi automatiquement à celle que je suis au quotidien: 

-celle qui se lève à 7h en pensant directement aux tâches que je vais devoir faire dans la journée pour ne pas avoir un seul vide dans lequel je pourrai plonger si j'y pense un tant soit peu.

-celle qui peut passer une semaine en ne parlant qu'à deux personnes dans la vraie vie: mon épouse et la caissière du supermarché. Les semaines où j'ai plus de deux interactions sociales, c'est la fête! https://youtu.be/HAiHEQblKeQ (il me reste quand même une étincelle d'humour que le Trombinoscope n'a pas réussi à m'enlever, tel le méchant d'un film des 60's). Quand je peux prendre ma voiture, je ne peux pas aller bien loin, et il s'agit de cas de forces majeures dont je paye le prix une fois rentrée (impossible de poser le pied par terre, prise d'anti-douleurs...)

-celle qui ne supporte pas son état civil pour tout ce qu'il représente: mon passé ("compliqué"), mon dossier médical: ce qui me renvoi à ma situation quotidienne, sans compter toutes les démarches administratives et j'en passe.

Alors merci le Trombinoscope de me ramener à tout ça, visiblement traquer les vrai cinglés qui officient sur votre espace ne suffit plus, il faut en plus venir demander leurs papiers d'identité aux gens.

 Dorénavant je n'ai plus envi de rire, de liker, de commenter, je ferai des efforts pour interragir un tant soit peu car oui, je suis dépendante du Trombinoscope, car c'est la vie sociale la plus importante qu'il m'apporte au quotidien, comme énormément de personnes dans mon cas.

Lire la suite

C'est bientôt l'Printemps! (ou presque!)

8 Février 2018 , Rédigé par Caporal Valgus

Bon, tâchons d'être positive.

Malgré le fait que je me trouve toujours dans des limbes médicales interminables, le suspens devrait s'arrêter le 27, date à laquelle mon chirurgien se décidera (enfiiiin!) à me donner un date d'opération pour reprendre ma greffe qui n'a pas prise.

Je passe sur le courrier de la sécu qui me somme de faire un dossier auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) pour avoir une pension et une carte d'invalidité, ce qui a été fait il y a quelques mois...et qu'on m'a refusé au motif que mon handicap est évolutif.

Bref, je ne vais pas m'éterniser là-dessus, car à force ça m'énerve et j'appuie BEAUCOUP TROP FORT sur les touches de mon clavier, qui n'a rien demandé (lui!).

Venons-en au fait: j'ai décidé de me lancer dans la création de bijoux, j'ai déjà fait quelques pièces et j'espère que ça va marcher, car quand il sera temps pour moi de retourner vers popol emploi (début juillet), en tant que valide c'était déjà pas évident de trouver du boulot, alors en tant que personne en situation de handicap...je pense qu'il va falloir que je prenne les choses en main, mais que malgré tout il va me falloir un travail régulier pour palier à d'éventuels "trou" dans mes revenus mensuels. Le soucis c'est que si je me fais opérer, je ne pourrai pas me déplacer pour chercher du travail, et si je monte une micro-entreprise, bye-bye les indemnités, donc je vais plonger un peu vers l'inconnu et l'incertitude de m'en sortir (sueur d'angoisse rebonjour! (y a pas un groupe qui s'appelle comme ça, "sueur d'Angoisse"? ça sonne bien non? Je cherchais un nom pour ma marque de bijoux, bingo!))

Je reprend cependant une activité créatrice, après des mois d'errances et de découragements (alimentés par certaines personnes...), je reprend goût aux contacts, même virtuels, ça me fait du bien de ne pas me sentir seule dans les différents aspect problématiques que peuvent nous apporter la vie!

La vie peut nous apporter aussi de belles rencontres: amoureuse et amicales! J'ai pu me recentrer sur moi-même en consultant une sophro-analyste, apprendre à me détacher des sentiments qui me lient à certaines personnes, à découvrir mon potentiel, et c'est drôle car cette analyste a le même raisonnement que l'anesthésiste que j'avais consulté avant mon opération! Moi qui pensais que le milieu médical était incompatible avec ce genre de thérapie, je constate que je me suis lourdement trompée!

Le fait de passer du temps à ne pas faire grand chose d'autre que surfer de sites en blogs m'a aussi permis de redécouvrir un blog très inspirant à beaucoup de niveaux, je vous conseille vivement d'y aller faire un tour (je sais, c'est très vague, mon côté vendeuse se perd, là!) création, culture,billets personnels, féminisme, voyage, voici La Lune Mauve: 

https://lalunemauve.fr

J'ajouterai aussi une anecdote concernant ce blog: je suis tombée sur un article de La Lune Mauve concernant l'exposition des Champs Libres "j'y crois, j'y crois pas" sur la sorcellerie et la magie en Bretagne, j'ai écouté le podcast en lien avec l'article, le lendemain je vais au salon du Bien-être à Dinan et je tombe sur l'ethnologue qui intervenait dans ce podcast! J'ai trouvé cette coïncidence très curieuse, ignorant totalement le nom de ce monsieur et sa présence au salon! Mais les coïncidences existent-elles? Mystère...

Sur ce, il va falloir me retrousser les manches car mes bijoux ne se feront pas tous seuls, si tout se passe bien vous découvrirez la suite de Caporal Hospital, avec dans le prochain épisode le dénouement de ce suspence sans fin: Caporal va-t-elle être réopérée? Vas-t-elle devoir vendre un rein pour payer les dépassements d'honoraires de son chirurgien? (il va me falloir un générique!)

 

Lire la suite

Contrôles Techniques

13 Décembre 2017 , Rédigé par Caporal Valgus

Cette semaine j'ai passé deux contrôles techniques: le premier, hier midi avec mon chirurgien, et ce midi pour ma voiture.

Hier midi, je me rends en VSL avec ma chauffeuse préférée voir mon chirurgien pour faire le bilan, "calmement", après avoir effectué une scintigraphie la semaine dernière.

D'habitude, j'adore ce qui scintille mais là l'examen consistait à se faire injecter une solution radioactive, faire un premier scanner, se faire chier à attendre une heure et demi en buvant un litre d'eau le temps que le produit se répartisse, faire un deuxième scanner, plus long cette fois, et repartir.

Le bilan de tout ceci est que la greffe a du mal à prendre, qu'il faudra ré-opérer si d'ici février l'os ne se décide pas à bosser. Pas très scintillant donc.

TOUT

VA

BIEN. (en lisant ça, visualisez mon sourire crispé, la panique dans mes yeux, l'eczema qui apparait autour de ceux-ci, les images d'opérations, de fauteuil roulant, d'attelle, de béquilles, de rééducation, d'ordonnances longues comme le bras, de mes fins d'indemnités journalières, du début des emmerdes financières, des projets reportés...)

En attendant, je n'arrive plus à dormir à cause de la douleur, mon genou ressemble à une pastèque, je prends de la codéine pour me soulager car la morphine me rends malade et je ne peux pas conduire de longues distances, et même sur les courtes c'est compliqué et j'ai mal le reste de la journée. Ce qui m'emmène au contrôle technique de ce matin:

Après avoir pris soin de mettre ma compil des plus beaux chants d'Immortal à un niveau suffisamment élevé pour être appréciés (je suis du genre blagueuse^^), je me rends dans le centre commercial le plus proche.

J'ai trois-quart d'heure à tuer devant moi, je vais flâner un peu. L'esprit "Noël" me prends un peu à la gorge mais ça va, je gère.

Je me rend chez le marchand de journaux, je repère un magazine de couture avec des modèles sympas, surtout que j'ai acheté du velour noir pour me faire une robe pour les fêtes, et même pour après, et là le patron est idéal.Je passe à la caisse, les photos de Johnny sont partout, c'est cafardeux ce côté mémorial sur papier glacé! Je demande des timbres, il n'y en a pas. Je demande à payer par carte, il faut un minimum de 10 euros. On y est, ça commence. Très bien, je ne prends rien dans ce cas. Mentalement, je lui dis de bien aller se faire foutre, le sans-timbre avec ses magazines de Johnny!

Je commence à déprimer, le patron de cette robe me plaisait vraiment, mais j'ai ma fierté, c'est tout ce qu'il me reste aujourd'hui dans cette galerie pleine de gens, de chants de Noël et de déco en plastique fabriquée en Chine. 

Je tente l'espace culturel. Je reste bloquée dans les rayons, je me demande ce que je fais là, les larmes commencent à monter...non. Pas maintenant. Je me prend un livre policier, d'un auteur Islandais que j'adore,puis je m'attarde dans le rayon "psychologie":

"Votre meilleur psy, c'est vous!" Ta gueule. "On a tous en nous les moyens d'y arriver, il suffit d'y croire!" Ta gueule! "Comment se contenter des petits riens que nous apportent l'existence" Ta gueeeule!!! "On a tous en nous l'étincelle qui...."MAIS TA GUEULE!

Je paye, je me traine au contrôle technique, je récupère ma caisse, je pleure dans la voiture, je monte le son (tiens? le volume est baissé au maximum?), ça va déjà mieux. J'ai mal, je veux rentrer le plus vite possible, je prends la 4 voies qui d'habitude me sauve la mise car je peux actionner le régulateur de vitesse de telle sorte que je n'utilise pas ma jambe droite. Je n'arrive plus à l'actionner mais bordel qu'est-ce qu'il a fait à ma caisse! C'est un des trucs les plus utiles dans ma voiture et je ne peux plus le faire fonctionner!

Je bouillonne de rage. Le chirurgien, le marchand de journaux, les livres de psychologie, le contrôle technique...j'ai envi de rentrer, de me faire cette fameuse recette de gateau pistache-framboise-chocolat blanc. Oui, c'est pour 10 personnes mais à ce stade j'en ai plus rien à faire.

Je n'ai pas le courage de coudre, de faire cette robe, de faire ce gateau. Je vais finir par  me vautrer dans le canapé et regarder des épisodes de "Ghost Hunters".

Joyeuses fêtes de fin d'année.

Lire la suite

#metoo

18 Octobre 2017 , Rédigé par Caporal Valgus

Par quoi commencer...

Pour une fois ce post n'a pas de lien direct avec mon accident, quoique. Selon mon anesthésiste, les accidents n'arrivent jamais par hasard.

Pour celles et ceux qui n'ont pas compris de quoi il s'agissait, les personnes victimes de violences sexuelles ont posté ce hashtag sur les réseaux sociaux pour révéler l'ampleur de ces violences. 

Depuis la création de ce hashtag, je découvre malheureusement sans surprise le nombre de personnes concernées et victimes de ces violences.

A vrai dire, je suis tellement blasée que j'avais omis dans mon dernier post (fantôme du passé) d'évoquer une phrase lâchée par cette personne qui me recontactait: je lui évoquais les séquelles de mon accidents, les choses que je ne pourrai sans doute plus faire normalement (m'accroupir, me mettre à genoux, etc..). J'ai instantanément regretté d'avoir évoquer ça, car la réponse ne s'est pas faite attendre:

"du coup pour certaines positions sexuelles c'est pas pratique!"

Je l'avais pourtant vu venir, sur le coup j'ai balayé la remarque d'un:

"non mais pour un tas d'autre chose que ça c'est pas pratique en fait!",  en espérant dévier le sujet.

Le seul fait qu'un individu, avec lequel je ne suis plus proche et avec lequel je n'ai pas parlé depuis très longtemps vienne faire allusion à mes capacités à faire telle ou telle position sexuelle ne m'a même pas percuté sur le coup tellement je suis habituée et quelque part résignée.

Car depuis l'enfance, il faut se remettre des attouchements, encaisser des remarques déplacées, des propos visants à te rabaisser pour le seul fait que tu es une femme, reprendre les gens quand ils font des blagues sur le viol, passer pour la rabat-joie...

 Il faut sortir en ville avec un marteau dans ton sac car tu t'es fais suivre/insultée/touchée tellement de fois que tu te dis que la prochaine fois sera la dernière, et que le prochain connard qui essaie va dérouiller. Je ne l'ai sorti qu'une seule fois, en hurlant ma rage d'être une fois de plus prise pour un objet, avec quand même la peur que la situation se retourne contre moi. Ils sont tous les trois partis en courant, car à plusieurs, on a plus de courage pour traiter une femme de salope et de connasse, de la menacer de la suivre, mais quand celle-ci se retourne et cours vers vous en hurlant avec un marteau dans la main, on en a tout de suite moins, du courage, n'est-ce pas.

Depuis j'ai déménagé, cette tension peut se raviver cependant certains soir, où un mec bourré t'attrappe par le cou car tu ne peux pas avancer plus vite. Ta femme est à tes côtés, le pote du connard "s'excuse" pour lui:

"il est bourré!" L'argument massue, sorti à toutes les sauces. 

Et puis avant tout ça, quand ce que tu as vécu depuis tes 10 ans est révelé, tu te dis que le silence était bien confortable. Et puis tu es un peu coupable aussi, hein? De ne pas avoir parlé assez tôt, de l'avoir provoqué, de vouloir parler maintenant, d'être égoïste à vouloir briser ta famille, non?

Quand tu vas au commissariat pour déposer une plainte après avoir été frappée par ton ex, et qu'il explique ce que tu as vécu au sein de ta famille à la police, tu dois te justifier, faire un choix, on te met au pied du mur et sur un ton paternaliste le commissaire te dit:

"Tu sais, des filles comme toi j'en ai vu des dizaines, et généralement elles ne finissent pas très bien". Super, merci du conseil mais tout va bien. Toutvabientoutvabientoutvabien merci.

En attendant moi ça va, vraiment, je me suis solidifiée, j'ai plusieurs couches de vernis (à part physiquement mais bon je crois qu'il y a une floppée d'article que j'ai écris sur le sujet), mais je suis inquiète pour celle qui vont mal à cause de tout ça.

Cette ambiance où "on ne peut plus rigoler", où "ça va, t'en est pas morte non plus", entraine  le fameux "mais il était bourré/drogué!", et puis "ce n'est qu'une chanson, il joue un personnage", "c'est une personnalité", "elle exagère peut-être" "il y en a qui mentent pour se faire remarquer aussi", suivi du classique; "mais t'as vu comment elle est habillée? C'est un appel au viol!" Cette ambiance que certaines personnes contribuent à alimenter en distillant des petites phrases apparamment anodines, qui ne pensent peut-être pas à mal, laissent un goût amer pour celles et ceux qui sont concerné-e-s par ces violences.

Je suis concernée,

moi aussi.

Lire la suite

Fantôme du passé

12 Octobre 2017 , Rédigé par Caporal Valgus

 Récemment j'ai reçu un coup de fil des plus étrange.

Une personne que je n'ai pas vue (et pas envie de revoir) depuis  au moins 3 ans me recontacte pour prendre de mes nouvelles.

Ok, tu veux de mes nouvelles? Après un accident et 4 opérations, je me remets d'une greffe osseuse qui a du mal à prendre, je sors rarement de chez moi mais je m'occupe comme je peux pour ne pas disjoncter. Je suis maintenant mariée, heureuse et pleine de motivation pour la suite.

Il compatis à sa manière, m'expliquant qu'il avait eu un accident il y a 25 ans et que depuis il a mal à la cheville.Par politesse, je lui demande alors de ses nouvelles également. Il me réponds avec morgue:

-"Ben je suis toujours pauvre et seul."

Vous la sentez venir, la scéance de psy/assistance sociale? Moi oui, et ça, c'est terminé. Dorénavant, je fais payer.

Il m'explique alors qu'il recontacte les personnes qu'il appréciait, et que je faisais partie du lot (petite veinarde que je suis). Je lui réponds qu'il n'apprécierait sans doute plus la nouvelle Caporal, car en 3 ans j'ai changé, ce dont il doute sérieusement:

-"Mais ce n'est pas comme si je te recontactais il y a 20 ans, tu n'as pas pu changer comme ça! J'essaie de recontacter des gens, mais personne ne veut donner suite!"

-"Pourquoi à ton avis? mmm?"

-"Ben tu sais comment sont les gens hein!"

-"Oui, je vois très bien. Les gens ont une vie et ne veulent peut-être pas reprendre contact avec certaines personnes."

Bien sûr, c'est de la faute des autres si il est seul et que tout le monde lui tourne le dos.  Il s'était comporté de manière détestable la dernière et seule fois qu'il a pis les pieds chez nous, parce que nous avions obligé ce pauvre chat à fumer en dehors de l'appartement (il a fait allusion à des supposées origines Allemandes de ma femme, car elle est si autoritaire à ne pas vouloir que notre appart empeste la clope! #cliché). La seule excuse qu'il a trouvé c'est de dire qu'il était bourré (comme d'accoutumée). 

Je lui ai sérieusement suggéré de se remettre en question. Il tiens les mêmes discours, a les même rapports malsains et culpabilisateurs avec les gens depuis 15 ans (ben oui,le pauvre, depuis mon accident, je ne suis jamais venue le voir, j'étais supposée venir le voir en fauteuil supersonique pour le soutenir dans son éternelle détresse!). 

Il m'a raccroché au nez.

Au départ, ça m'a mise à la fois furieuse et mal à l'aise, et puis, en y réfléchissant, ça m'a remplie de fierté. Fière d'avoir mis les choses au point avec une personne toxique pour lui-même et pour les autres. Fière de tout ce que j'ai accomplie en 3 ans: avoir survécu à un accident, passé mon permis de conduire, appris à coudre....tandis que d'autres se complaisent dans leur vie que les "Autres" s'acharnent à rendre si misérable (car c'est bien sûr toujours la faute des autres).

Je sais bien que ce n'est pas facile pour tout le monde, certaines personnes subissent plus d'épreuves que d'autres et ont besoin d'aide à un moment de leur vie, mais ce qui n'aide pas c'est de rejeter la faute sur les autres et de ne jamais se remettre en question.

Pour ma part, je me suis beaucoup beaucoup BEAUCOUP remise en question, c'est ce qui m'a fait changer justement, grandir, évoluer vers le meilleur , mais tout ça je n'aurai jamis réussi à le faire sans être accompagnée des bonnes personnes.

Lire la suite

retour vers les béquilles

12 Octobre 2017 , Rédigé par Caporal Valgus

  Après la célébration de notre mariage, il va de soit que j'ai quand même payé cher ce moment de répit sans béquilles. Je décide de consulter mon médecin, lui parle de cette douleur survenue brutalement, et je sens qu'il y a un truc pas net dans tout ça. Je suis tendue, mes muscles se contractent tous seuls, mon genou me fait mal...il en conclut qu'il s'agit sans doute d'un problème musculaire, me prescrit des anti-inflammatoires, des anti-douleurs, et roule ma poule.

  Avec le kiné, c'est une autre paire de manches: il m'examine, regarde mon genou et me dis:

-"C'est quoi cette bosse là?"

  Mais de quoi il me p....ah oui, en effet, j'ai une bosse au niveau de mon fémur, côté matériel qui soutient la greffe. Et meeeerde.

-"C'est quoi le numéro de ton chirurgien? Revoi-le le plus vite possible!"

  Chef oui chef!

  Rendez-vous donc chez le chirurgien, une semaine exatement après ma dernière consultation.Il examine ma nouvelle radio: bonne nouvelle, rien n'a bougé. Ouf! Mauvaise nouvelle, il y a sans doute une hémorragie au niveau de la greffe MAIS ce n'est pas une si mauvaise nouvelle car ça peut alimenter la greffe en plasma et globule, ce qui peut aider à la consolidation! Yeepee! Cependant, il trouvait ça étrange que mon rétablissement ai été aussi rapide (je me mariais fin septembre Sherlock, j'ai tout fais pour me rétablir le plus vite possible!).

 En attendant retour aux béquilles, pas d'appui, pas de folie, c'est pas fini, folie, fini, yeaaaah! (j'ai cette chanson dans la tête, j'espère que vous aussi maintenant.)

  Pour résumer, voici le retour de la pastèque, côté droit cette fois s'il vous plaît. Moi qui pensais pouvoir me débarrasser de ces béquilles bleues électrique qui ne vont plus DU TOUT avec les couleurs de la saison, je suis mal barrée. Rendez-vous fin novembre avec le chirurgien pour la suite des évènements.

Lire la suite

Mariage

23 Septembre 2017 , Rédigé par Caporal Valgus

  Je n'ai pas écrit d'article depuis juillet et il s'est passé pleins de choses depuis ce temps.

  Tout d'abord, je commence avec une bonne nouvelle: je me suis mariée avec celle que je peux maintenant officiellement appeler ma femme.

  Fin août, lors d'une consultation chirurgicale, j'ai enfin pu me débarasser de cette atelle. Good. Deux jours avant le jour J du mariage, fin sepembre, je vois mon chirurgien. A ce moment, j'avais lâché mes béquilles et me déplaçais sans douleurs avec ma canne. Je pouvais plier un peu ma jambe droite, sur la radio rien d'alarmant, la greffe n'est pas encore tout à fait consolidée mais si j'arrive à marcher sans douleurs, c'est ok.

 Je quitte le cabinet toute contente, je me dis que je vais pouvoir bien profiter de notre moment et là, sur le parking, une violente douleur ressurgit. Je me dis que ce n'est sans doute pas grâve, que ça va passer, mais ma jambe me fais de plus en plus mal, elle commence à chauffer, mon genou à gonfler...Non, pas maintenant, pas à 2 jours de mon mariage, pitié! Je reprends avec regret mes béquilles arrivée à la maison, je mets de la glace sur mon genou autant que possible et je reprends la morphine. Pas moyen que je me marie en béquilles, avec ma canne,ok, mais en béquilles, no way! 

La veille, on décore la salle, j'ai mal par épisodes, je me blinde en pensant au lendemain.

Le jour J, nous allons nous faire coiffer, par précaution j'y vais en béquilles, que j'avais pris soin la veille de customiser de moults paillettes. Avant de partir à la mairie, je les laisse dans le coffre et je prends ma canne.

J'ai tenu bon toute la cérémonie, j'ai pu danser un peu avec ma femme, sans canne, car je ne voulais pas que le résultat de mon accident lui gâche aussi notre mariage.

J'en garde un merveilleux souvenir, car je me suis unie avec la personne qui compte le plus à mes yeux, celle qui me supporte dans les moments difficiles, qui m'a soutenu et encouragé à faire des choses que je n'aurai jamais faites sans son aide, et avec laquelle je me sens complice. J'espère être suffisamment à la hauteur en retour.

Mariage
Lire la suite
1 2 3 4 5 6 > >>